DVDFr | Vampire, …vous avez dit vampire ? : le test complet du 4K UHD

Bel hommage aux monstres du grand écran, le
chef-d’oeuvre de Tom Holland nous est proposé par Sony
Pictures dans une édition définitive.

Amateur passionné de cinéma fantastique, Charley
Brewster vit entre sa mère et sa petite amie. Son existence se
déroule sans surprise, jusqu’à l’arrivée d’un mystérieux
voisin dont le comportement l’intrigue. Il est bientôt
persuadé que ce curieux personnage, Jerry Dandrige, est en
réalité un vampire. Mais personne n’est prêt à le
croire…

Vampire, …vous avez dit vampire ? (Fright
Night
), sorti en 1985, est le tout premier film de Tom
Holland qui mène parallèlement trois carrières : il est,
depuis 1969, acteur, principalement à la télévision,
scénariste depuis 1978, notamment auteur du scénario de
Class 1984(Mark L. Lester, 1982) ou de
Psychose II (Psycho II, Richard Franklin,
1983.

Si Vampire, …vous avez dit vampire ? reste, à ce
jour, le meilleur film qu’il ait réalisé, d’autres sortent
aussi du lot, comme Chucky – Jeu d’enfant (Child’s
Play
, 1988), salué par le Grand prix à Avoriaz, et
La Peau sur les os (Thinner, 1996), inédit en
vidéo jusqu’à ce que Rimini Editions le sorte le 17 novembre
2022. Il a également réalisé trois épisodes de l’anthologie
Les contes de la crypte (absents des éditions
françaises), et l’intégralité des neufs épisodes de la
minisérie fantastique Twisted Tales (2013), éditée sur
DVD aux USA…

Le succès commercial de Psycho II avait incité Columbia
Pictures à lui donner les moyens de s’essayer à la
réalisation. Le coup d’essai fut un coup de maître : le coût
de Vampire, …vous avez dit vampire ? fut presque
amorti dès le premier weekend de sortie aux USA et au Canada.
Il accumulera dans le temps une recette de 90 millions de
dollars après avoir reçu un bon accueil de la critique,
matérialisé par le Prix Dario Argento à Avoriaz.

Ce qui fait la force des vampires, c’est qu’on ne croit
pas qu’ils existent (Bram Stoker)

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Vampire, …vous avez dit vampire ? doit beaucoup à
son scénario qui mélange habilement épouvante et comédie. Dès
le début du film, on sait que Charley Brewster a vu un vampire
s’installer nuitamment dans la maison voisine, mordre une
femme au cou, avant que son complice n’emmène dans un sac
poubelle ce qui paraît être un cadavre. Bien sûr, personne ne
croit aux dires de Charley, ni la police, ni même Peter
Vincent, l’acteur récurrent d’une anthologie télévisée dans
laquelle il incarne un tueur de vampires. Personne, donc, ne
croit Charley, sauf le spectateur, contrarié comme lui par le
scepticisme ambiant.

Vampire, …vous avez dit vampire ? se distingue
aussi par la qualité des effets visuels réalisés sous la
houlette de Robert Edlund, responsable, l’année précédente, de
ceux de SOS Fantômes (Ghostbusters, Ivan
Reitman, 1984), par la direction artistique de John DeCuir
Jr., par la classe de la photographie et de la

I am
Peter Vincent, the great vampire killer!

La distribution est un autre sérieux attrait du film.
William Ragsdale, encore en formation à l’école d’art
dramatique de San Francisco, est tout à fait crédible dans son
incarnation de Charley, un grand adolescent ordinaire, sans
histoire. Chris Sarandon, un peu plus connu, tout juste sorti
du tournage de Osterman Week-End (Sam Peckinpah,
1983), donne à Jerry Dandrige le nécessaire pouvoir de
séduction, arme essentielle de tout vampire qui, on le sait
bien, doit être invité par ses infortunées victimes. Amanda
Bearse tient le rôle féminin, celui d’Amy, la petite amie de
Charley. Mais celui qui s’impose, c’est Roddy McDowall dans
une inoubliable composition de Peter Vincent, un acteur
ringard doublé d’un poltron, justement récompensée par un
Saturn Award décerné par l’Academy of Science Fiction,
Fantasy & Horror Films.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Le succès de Vampire, …vous avez dit vampire ? a
suscité d’autres initiatives. Une suite, vite oubliée,
Fright Night 2 (Tommy Lee Wallace, 1988) avec William
Ragsdale et Roddy McDowall dans les rôles de Harley Brewster
et Peter Vincent, ainsi que les deux autres remakes. Un
premier, réalisé par Craig Gillespie en 2011 (édité en vidéo
en France par DreamWorks en février 2012, sous le titre
Fright Night, avec du beau linge, David Tennant
dans le rôle de Peter Vincent, Toni Colette dans celui de la
mère de Charley, Colin Farrell dans celui de Jerry le
vampire), oublié lui aussi. Le second, un téléfilm, Fright
Night 2
(Eduardo Rodriguez, 2013), dans lequel Jaime
Murray incarne une femme vampire nommée Gerri Dandrige„ a le
mérite de nous confirmer que Jerry Dandrige était bel et bien,
en 1985, passé de l’état mort-vivant à celui de mort-mort.

Vampire, …vous avez dit vampire ?, un bel hommage
aux créatures de la nuit, celles de Universal pendant les
années 30 et 40 et de Hammer Films pendant les années 60, nous
est proposé après une nouvelle restauration opérée par Sony
Pictures pour cette première édition 4K UHD, sortie en France
en même temps qu’aux USA.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Vampire, …vous avez dit vampire ? (106 minutes)
tient sur un Blu-ray 4K UHD BD-66, logé dans un boîtier
SteelBook, en bonne compagnie de deux Blu-ray BD-50,
l’un avec le film et une partie des suppléments, l’autre avec
le reste.

Le menu fixe et musical propose le film dans sa version
originale, en anglais, au format audio Dolby Atmos, compatible
Dolby TrueHD 7.1 (avec une alternative DTS-HD Master Audio 5.1
et 2.0 stéréo) et dans un doublage en sept langues, dont le
français, au format audio DTS-HD Master Audio 5.1, avec le
choix entre 25 langues de sous-titres, dont le français et
l’anglais.

Le Blu-ray BD-50 propose la version originale au format
DTS-HD Master audio 5.1 et 2.0 stéréo et un doublage en
français Dolby Digital 5.1.

La sérigraphie du boîtier reproduit l’affiche du film,
comme le menu principal sur lequel apparaissent les vignettes
des chapitres et, sur les deux Blu-ray, celles des
suppléments.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Les bonus de l’édition Sony Pictures, sortie aux USA en
2019, sont repris. S’y ajoutent un bon lot de compléments
exclusifs à cette nouvelle édition. Ils sont logés sur les
deux Blu-ray BD-50.

Sur le Blu-ray BD-50 du film :

Storyboard d’une scène coupée (8’, 2022) :
cette scène (n° 143 du storyboard) qui devait, à la fin du
film, se dérouler dans le grenier et sur le toit de la maison
de Jerry Dandrige, ne fut jamais filmée, en raison des coûts
qu’auraient engendré la construction des décors du grenier et
du toit.

Tu es trop cool, Brewster (2016, 147’). Peter
Vincent, interprété par Simon Bamford, nous invite dans la
maison de Jerry Dandrige, à nous y enfermer à double tour, à
tirer les rideaux, à éteindre la lumière et à nous préparer à
passer une nuit d’épouvante en sa compagnie en visionnant le
film You’re So Cool, Brewster! The Story of Fright
Night
, réalisé vingt ans après par Chris Griffiths. Les
membres de l’équipe commentent l’hommage aux classiques de
l’horreur, une idée venue à Tom Holland le jour du visionnage
de Fenêtre sur cour (Rear Window,
Alfred Hitchcock, 1954). Le documentaire passe en revue la
genèse du film (le nom de Peter Vincent assemble les prénoms
de Peter Cushing et Vincent Price), le casting, la recherche
des décors de la maison victorienne, la création des effets
visuels et des effets spéciaux (avec un grand luxe de
détails), la musique de Brad Fiedel et de Tangerine Dream, le
bon accueil du public et de la critique, les remakes, les
adaptations en bandes dessinées, les produits dérivés…

Ce documentaire très détaillé, avec des extraits du film et
des archives datant du tournage, ne tombe pas dans la
redoutable ornière d’un échange de compliments entre les
nombreux protagonistes. Le montage original dure 317 minutes.
Une partie des scènes coupées a été répartie dans les autres
compléments.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Qu’est-ce que Vampire, vous avez dit vampire ?
(2016, 11’) donne les vues de l’équipe sur une réalisation
« qui ajoute une touche de modernité aux traditions du genre »
et le compare à d’autres films.

Commentaire du film par Tom Holland et les acteurs
Chris Sarandon et Jonathan Stark
(en anglais,
sous-titré), animé par Tim Sullivan. Le réalisateur et les
deux vampires confient leurs souvenirs du tournage et donnent
leurs impressions sur le film.

Commentaire du film par Tom Holland et les acteurs
William Ragsdale, Stephen Geoffreys et Randall Cook, créateur
des effets spéciaux
(en anglais, sous-titré) animé par
Jeremy Smith et Tim Sullivan. Après celui des vampires, vient
le tour des héros d’assister Tom Holland dans le commentaire
du film.

Tom Holland : écrire l’horreur (2016, 9’).
Fan de l’horreur, Tom Holland a voulu faire revenir sur les
écrans les vampires, avec « un juste équilibre entre le cinéma
d’art et le cinéma commercial ». Des protagonistes du film
soulignent ses aptitudes de scénariste et de réalisateur.

Bande-annonce alternative (2’32”), inédite.
Présentée par Tom Holland, elle donne une meilleure idée de la
dose d’humour qui caractérise le film que les bandes-annonces
retenues par Columbia Pictures.

Deux bandes-annonces (1’26” + 1’22”),
recadrées au ratio 1.78:1.

Sur le Blu-ray de suppléments :

Lecture du scénario pour le 35e anniversaire du
film
(2022, 157’). C’est une réunion virtuelle,
enregistrée à Halloween 2021, destinée à attirer des dons au
parti démocrate du Michigan en vue des élections de mi-mandat.
Après un rappel des personnages par Tom Holland, Ben McKenzie
lit le scénario et de nouveaux acteurs, chacun dans un cadre,
récitent les dialogues, tandis que des extraits du film
apparaissent épisodiquement. L’écran est divisé en plusieurs
cadres, selon le nombre de personnages apparaissant dans la
scène. La lecture finie, commence, entre Tom Holland, Jason
Patric, Ben McKenzie et les onze acteurs qui ont lu les
dialogues, une discussion sur le film et le genre de l’horreur
au cinéma.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Point de vue queer : conversation entre Bryan Fuller
et Amanda Bearse
(2022, 43’). Bryan Fuller, scénariste
(Dead Like Me, Pushing Up Daisies,
Hannibal, American Gods…), producteur et
réalisateur, a invité l’interprète d’Amy pour discuter avec
elle des nombreuses allusions du film à l’homosexualité,
pourtant intentionnelles, bien qu’on puisse être intrigué par
la nature de la relation entre Jerry Dandrige et son acolyte,
Billy Cole, par l’attitude de Peter Vincent voyant mourir Ed
Evil…

L’adaptation littéraire du film : entretien avec Tom
Holland, John Skipp, Craig Spector et Mark Alan Miller

(2022, 8’). Alors qu’il était impliqué dans le montage du
film, Columbia Pictures sollicita l’accord de Tom Holland à
une adaptation du scénario en un roman qui sortit en même
temps que le film. Les deux auteurs, amateurs de cinéma
fantastique, John Skipp et Craig Spector, immédiatement
attirés par l’histoire de Fright Night, ont écrit un
roman horrifique, sans la dimension comique du film qu’ils
n’avaient pu voir. L’éditeur, Mark Alan Miller, fondateur de
Encyclopocalypse Publications, relève pourtant dans le
roman des « choses amusantes » qui ne sont pas dans le
scénario.

Roddy McDowall : du singe à la chauve-souris
(Roddy McDowall: from Apes to Bats, 2016, 21’). Dans un
entretien de 1988, Roddy McDowall (1928-1998) rappelle
qu’après des premiers rôles en Angleterre qu’il a quittée,
encore enfant, il a suivi ses parents aux USA où il eut la
chance d’être recruté dans la distribution de
Qu’elle était verte ma vallée (How Green Was My
Valley
, John Ford, 1941). Tom Holland et le reste de
l’équipe louent son talent d’acteur et sa gentillesse. Il
était « la mémoire de Hollywood » qu’il rejoignit très jeune.
Parmi les plus de 200 rôles qu’il tint, le plus célèbre est
celui de Cornelius dans la saga
La Planète des singes.

Tom Holland et Amanda Bearse parlent du film
(2016, 29’) et, surtout, de Roddy McDowall, un fou de cinéma
qui possédait une énorme collection de films, de costumes,
d’accessoires et de photos de plateau qu’il prenait
lui-même.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Table ronde avec Tom Holland, Stephen Geoffreys et
William Ragsdale
(2016, 16’). Ils évoquent le casting,
l’importance des moyens alloués aux effets spéciaux… Tom
Holland n’a jamais retrouvé d’aussi agréables conditions de
travail que celles de son premier film.

Tom Holland et Ryan Turek, rédacteur en chef du
magazine Shock Till You Drop
  (28’). Le journaliste
interroge Tom Holland sur les laborieux débuts de sa carrière
de scénariste jusqu’à ce que Richard Franklin lui confie en
1983 l’écriture de Psycho II qui, grâce à la présence
d’Anthony Perkins, rapporta 20 fois sa mise. Un succès qui lui
permit de devenir réalisateur, une transition vers laquelle
son expérience d’acteur l’a aidé. Tom Holland revient sur le
choix des acteurs. (Quelques coquilles dans les sous-titres :
Normand Bates, Hichcock…).

La première réunion de l’équipe du film au Fear Fest
2
(2008, 54’) : l’équipe du film, face au public de la
convention du cinéma d’horreur, répond aux questions d’un
animateur et du public. Un complément qui n’apprend rien de
neuf.

Panel au Weekend of Hell avec Amanda Bearse et
Stephen Geoffreys
(2015, 13’). Rebelote : le même type
de document, aussi insipide que le précédent.

Images brutes des coulisses (1985, 95’). Ce
document promotionnel destiné à la presse passe en revue la
musique et la chanson Fright Night, les acteurs, les effets
visuels, le scénario, le tournage… (illustré par quelques
extraits du film recadrés au ratio 1.33:1). Pas
indispensable.

Étude des storyboards des effets spéciaux
(2022, 10’). Les images du storyboard défilent, suivies d’une
projection de la séquence, pour quatre scènes de la fin du
film : Evil Ed empalé, La mort finale de Billy Cole, Attaque
de chauve-souris et La déchéance de Dandrige. Un apport
intéressant.

Diaporamas (2022, 6’) : galerie d’images du
film, des effets visuels, de Tom Holland sur les plateaux.

Vampire, ...vous avez dit vampire ?

Le remixage du son Dolby stéréo d’origine en Dolby Atmos
(avec une alternative DTS-HD Master Audio 5.1 et 2.0 stéréo
pour s’adapter à toutes les installations), testé sous le
format compatible Dolby TrueHD 7.1, d’une impeccable propreté,
a engendré un spectaculaire effet immersif parfaitement
cohérent. La combinaison d’une forte dynamique, d’une large
bande passante et d’un juste équilibre entre les dialogues,
l’ambiance et la musique font de ce remixage un exemple à
suivre pour les films de patrimoine.

Le doublage en français, au format DTS-HD MA 5.1 sur le
BD-66, Dolby Digital 5.1 sur le BD-50, manquant terriblement
de naturel, n’a pas été pris en compte pour l’attribution de
la note.

Crédits images : © Columbia Pictures Corporation, Delphi III, Vistar Films

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