Il Était une Fois 2 | Films d’Animation » Walt Disney Pictures

Publie le 08 janvier 2023

Il Était une Fois 2 est la suite du film mêlant animation et prises de vues réelles Il Était une Fois. Annoncé depuis une dizaine d’année, sa longue gestation a fait que le long-métrage a atterri directement sur Disney+. Perdant un peu le côté moqueur du premier opus, la suite assume pleinement son statut de conte de fée Disney pur. Beaucoup plus chanté, bien plus rose bonbon, il est la production parfaite pour ceux qui cherchent une ambiance magique et innocente. Reprenant une bonne partie du casting original, il inverse le propos du premier film grâce à deux postulats séduisants et propose ainsi un récit divertissant, charmant et enchanteur. Même si tout n’est pas parfait, il est le programme idéal à voir en famille pour rêver et s’émerveiller.

Quand Il Était une Fois sort, Disney est dans une mauvaise passe. Bob Iger vient juste de reprendre les rennes de l’entreprise après l’éviction de Michael Eisner. La magie du studio de Mickey a alors presque disparu. En dehors des franchises Pirates des Caraïbes et Benjamin Gates ainsi que des films d’animation Pixar, peu de films arrivent en effet à accrocher les spectateurs. Puis arrive Il Était une Fois… marquant le début du renouveau du studio aux grandes oreilles. Il est exactement ce que le public attend du label Disney : un film moderne se moquant gentiment des contes de fée, mais loin du cynisme d’un Shrek ; le retour de l’animation 2D, même si timide et non réalisée par les Walt Disney Animation Studios qui ont malheureusement arrêté cette technique ; quelques chansons entêtantes mais pas trop, composées par un Alen Menken inspiré, ce même enchanteur à l’origine de nombreux tubes Disney des années 1990 ; un casting frais et talentueux, dont une jeune Amy Adams rayonnante ; et des références à foison que les fans se sont amusés à répertorier. Plébiscité par les critiques et le public, le film sort ainsi le 21 novembre 2007 pour le week-end de Thanksgiving et réalise un joli démarrage à 49 millions de dollars sur ces cinq premiers jours ; le meilleur score pour une sortie durant cette période depuis Toy Story 2 en 1999. Au total, il obtient un box-office satisfaisant de 340 millions de dollars dans le monde dont 127 rien qu’aux États-Unis. En France, il attire 2,7 millions de spectateurs en salles. Au final, si le long-métrage est loin de signer un raz-de-marée, il obtient un joli petit succès. Mais c’est son bouche-à-oreille qui fait la différence et sa popularité grandit à la suite de sa sortie en vidéo puis de ses différentes diffusions à la télévision.

Alors qu’une suite est réclamée par les fans, la gestation d’Il Était une Fois 2 va s’avérer étonnamment très longue puisqu’il faudra attendre quinze ans pour que le film voit enfin le jour. Les premières allusions à la mise en chantier d’un second opus remontent ainsi à 2010 avec Jessie Nelson au scénario tandis qu’Anne Fletcher est envisagée au poste de réalisatrice pour une sortie assez rapide, prévue dès 2011. Pourtant, le projet se retrouve vite au point mort. Il redonne de ses nouvelles en 2014 où, si la réalisation est toujours confiée à Anne Fletcher, le scénario est lui désormais délégué au duo d’auteurs J. David Stem et David N. Weiss. Le temps passe et en 2016, lors d’un article de presse, il est annoncé que le collaborateur et ami d’Anne Fletcher, Adam Shankman, est entré en négociation pour reprendre le poste de réalisateur tandis que le tournage semble planifié pour 2017. Pourtant en 2019, Disney n’a toujours pas donné son feu vert au lancement de la production, exigeant de voir le script à nouveau retravaillé. Finalement, Sean Bailey, le président de la branche Disney Live Action, annonce officiellement le film fin 2020 avec un script final écrit par Brigitte Hales tandis que le tournage doit se dérouler lui en 2021. En revanche, il n’aura pas le droit à la case cinéma mais doit arriver directement sur la plateforme Disney+. Concernant le titre de la suite, il est choisi en anglais une négation très opportune du premier ; Enchanted devenant Disenchanted. Il sera d’ailleurs regretté le titre français choisi pour la suite. Si celui du premier opus n’était pas une traduction littérale mais restait inventif, il y avait sûrement mieux à trouver dans la langue de Molière qu’un insipide et peu inspiré Il Était une Fois 2.

Né en 1964, Adam Shankman débute sa carrière, après des études à la prestigieuse Julliard School, en dansant dans des clips vidéo, notamment pour Janet Jackson et Paula Abdul. Il devient ensuite chorégraphe, d’abord sur des clips vidéo de Whitney Houston ou d’Aaron Neville, puis ensuite pour la télévision ou le cinéma, notamment sur les films George de la Jungle, Scream 2 ou la série Buffy Contre les Vampires. Il fait ses débuts en tant que réalisateur en 2001 avec la comédie romantique Un Mariage Trop Parfait pour Columbia Pictures suivi l’année suivante de la comédie dramatique Le Temps d’un Automne pour Warner Bros. Il travaille ensuite pour The Walt Disney Company en réalisant deux comédies à succès : Bronx à Bel-Air pour Touchstone Pictures en 2003 et Baby-Sittor pour le label Disney en 2005. Toujours en 2005, il reste dans le genre de la comédie avec la suite de Treize à la Douzaine avant de réaliser et chorégraphier le long-métrage considéré comme sa plus grande réussite, Hairspray, en 2007 pour New Line Cinema, adaptation du fameux musical de Broadway. En 2008, il revient chez Disney avec le film fantastique Histoires Enchantées puis tourne à nouveau une comédie musicale en 2012 avec Rock Forever pour Warner Bros., adaptation du musical Rock of Ages. L’opus est un flop monumental faisant que le réalisateur se fait rare, ne mettant finalement en scène que la petite comédie romantique Ce que Veulent les Hommes pour Paramount en 2019 avant d’être finalement approché pour réaliser Hocus Pocus 2 et Il Était une Fois 2. Ne pouvant se charger des deux dont la sortie est programmée quasiment au même moment, il confie la réalisation du premier à son amie Anne Fletcher.

Il Était une Fois 2 arrive dans une période totalement différente par rapport au premier opus. Les contes Disney ne sont plus ringards : les succès de Raiponce, de La Reine des Neiges et de tous les remake en prises de vues réelles des classiques Disney dont La Belle et la Belle ont en effet redonné ses lettres de noblesses au genre auprès du public. Les scénaristes font alors le choix d’assumer pleinement la paternité du long-métrage avec son label. Ils inversent ainsi le postulat du premier film : ce n’est plus le conte qui vient affronter le cynisme de la réalité, c’est la réalité qui se transforme en conte de fée. Ainsi, plus question de se moquer gentiment des chansons intempestives, de la naïveté des protagonistes ou de l’incroyable coïncidence quand tout se déroule pour le mieux. Dans la suite, le merveilleux est totalement assumé, rendant ainsi le long-métrage bien plus magique mais également plus candide. Le choix se voit également dans les décors qui s’affranchissent de l’ambiance urbaine de New York, pour une petite ville de lointaine banlieue. Quand la magie opère, les cinéastes peuvent alors insister plus sur le côté lisse et coloré grâce à des décors que le spectateur pense sortis tout droit des anciennes comédies musicales d’antan à l’image de La Légende de Cendrillon. Le tout est rehaussé par des costumes de toute beauté dont les robes de Giselle qui sont particulièrement resplendissantes. L’ambiance est clairement nostalgique, presque désuète, mais étonnamment, c’est ce qui fait tout son charme.

Il Était une Fois 2 possède quelques idées intéressantes, dans l’optique d’inverser le processus du premier film. Le fait de situer l’action dans une petite ville de banlieue, ici Monroeville, permet de faire quelques observations toujours vraies, même si déjà vues par ailleurs. Notamment, la critique de la fatigue extrême des usagers quotidiens des transports en commun pour atteindre leur lieu de travail, situé lui invariablement dans la grande ville lointaine, est toujours d’actualité et s’avère juste dans la façon dont le présente le film. Le parent qui fait le choix de s’exiler pour le bien de sa famille a en effet l’impression de passer plus de temps à faire les trajets qu’à vivre avec ses proches. Il est alors persuadé qu’il aurait mieux à faire. Le long-métrage s’amuse également à se moquer des petites reines de ce genre de bourgades qui ont tendance à faire la loi. Elles jouent aux suzeraines de bas étage grâce à leur situation financière, sociale ou politique à l’image, dans le long-métrage, de Malvina Monroe, la cheffe du conseil municipal aussi prétentieuse qu’humiliante. Néanmoins, le concept le plus attrayant du début film reste celui tournant autour du personnage de Morgan. Voir une adolescente dans toute sa splendeur, bougonne et blasée, s’affronter avec une mère issue d’un conte de fée, pleine de gentillesse, d’optimisme et de joie, vaut son pesant d’or. Morgan a, en effet, bien grandi et la petite fille qui était émerveillée par cette maman venue d’un pays magique est désormais devenue une jeune fille qui veut être tranquille pour vivre sa vie comme elle l’entend, bien ancrée dans la réalité. L’affrontement entre les deux est vraiment plaisant même s’il aurait pu être plus truculent. En réalité, les scénaristes ont voulu rester gentils pour installer l’émotion qui arrivera plus loin dans le film. De plus, ils n’essayent pas fatalement de faire rire mais au contraire de montrer comment est ressenti ce conflit de génération du point de vue de Giselle. La désormais mère de famille souffre de cette relation qui se délite et cherche à retrouver un bonheur perdu, sentiment qu’elle pensait immuable comme dans son monde d’origine. Sa décision de déménager dans la petite ville de Monroeville vient d’ailleurs de là. Elle est persuadée que changer d’environnement pourra réparer ce qui est cassé.

Mais le véritable du twist d’Il Était une Fois 2 arrive au bout d’un tiers du récit. Giselle voyant que tout ce qu’elle entreprend ne fonctionne pas, désespérée, fait un souhait en utilisant la magie d’Andalasia grâce à une Baguette à Souhait que lui ont offert le Roi Edward et la Reine Nancy. Elle veut ainsi vivre une existence de rêve. Mais en aspirant à ce monde parfait, elle transforme sans le vouloir la bourgade de Monroeville en la cité féerique de Monrolasia. Les habitants, y compris sa famille, se comportent comme s’ils étaient dans un conte de fée, s’habillant à l’ancienne, se montrant toujours souriants, chantant et dansant à chaque occasion. La cheffe du conseil municipal devient tout naturellement une méchante reine qui fait la pluie et le beau temps dans son royaume. Par contre, ce que Giselle n’avait pas prévu, c’est qu’elle se transformerait d’une mère aimante en une belle-mère malfaisante. Il est ainsi particulièrement cocasse de voir Giselle devenir une marâtre sans compassion, entichée de son écureuil changé pour l’occasion en gros chat méchant. L’apothéose du récit arrive lors de l’affrontement entre les méchantes de la ville, persuadées toutes deux qu’il ne peut en rester qu’une. Naturellement, le dénouement est facile et évident mais il est exactement ce qui est attendu, célébrant l’amour, la famille et les souvenirs chaleureux. Surtout qu’à l’image du premier film, le final est particulièrement épique et émouvant.

Il Était une Fois 2 voit le retour de la plupart du casting du premier opus.

Amy Adams reprend son rôle de Giselle, la jeune femme venue du monde du conte de fée, Andalasia. L’actrice s’amuse à retrouver son personnage et toujours aussi charmante. Elle arrive non seulement à reprendre son jeu empli de candeur mais rajoute aussi une autre facette au personnage. Ainsi, sa transformation en mauvaise belle-mère est véritablement succulente. Son exploit est encore plus impressionnant car le passage de gentille à méchante se fait souvent d’une phrase à une autre et elle tout simplement sublime dans cet exercice.

Patrick Dempsey interprète à nouveau le personnage de Robert Philip. Plus effacé que dans le premier film, il joue le père qui tente de plaire à la fois à sa fille et sa femme. Lorsqu’il est transformé en preux chevalier, il ne semble en revanche pas du tout à son aise. Le long-métrage s’amuse d’ailleurs de son manque de crédibilité dans ce rôle.

James Marsden revient lui aussi en tant qu’Edward. Il est devenu, depuis le premier film, le Roi d’Andalasia. Le personnage signe juste une petite apparition, étant présent autant en animation qu’en prises de vues réelles.

Le personnage de Nancy Tremaine est toujours tenu par l’éblouissante Idina Menzel. Son rôle dans la suite permet à l’actrice de faire profiter au public de sa voix cristalline dans un numéro chanté époustouflant.

Parmi le reste du casting, l’actrice Gabriella Baldacchino remplace Rachel Covey dans le rôle de Morgan Philip, la fille de Robert. Vu le temps qu’il s’est déroulé entre les deux films, Rachel Covey était en effet trop âgée pour jouer une adolescente. Cette dernière est tout de même présente dans la suite en faisant un petit caméo parlé mais dans un autre rôle. Le spectateur peut la voir renseigner Giselle sur l’organisation d’un bal royal. Gabriella Baldacchino s’avère elle attachante aussi bien en tant qu’adolescente bougonne qu’en jeune fille de conte de fée, surtout quand elle se rend compte de la chance qu’elle a de vivre dans une telle famille. Elle est tout simplement merveilleuse lors de la scène de l’Arbre à Souvenirs et quand elle prend conscience qu’elle risque de perdre celle qui est devenue sa mère de substitution.

Maya Rudolph, qui a fait la voix de Cass Hamada dans le film d’animation Les Nouveaux Héros, tient le rôle de la méchante Malvina Monroe. Clairement, elle ne vaut pas la Reine Narissa, interprétée par la géniale Susan Sarandon. Néanmoins, elle sait se rendre globalement irritante quand elle dirige la communauté de Monroeville. Elle est, en outre, parfaite quand elle affronte Amy Adams : les deux sont désormais de vraies méchantes, chacune exagérant à fond son jeu, rendant leurs passages vraiment fantasques.

Malvina Monroe est accompagnée de deux subalternes, assez anecdotiques : Rosaleen jouée par Yvette Nicole Brown, vue récemment dans la série Big Shot sur Disney+, et Ruby interprétée par Jayma Mays, principalement connue pour sa participation à la série Glee.

Il Était une Fois 2 va faire appel à nouveau à une technique qui a contribué en partie au succès du premier film. Le mélange des séquences animées traditionnellement avec des acteurs à prises de vues réelles a toujours été un art dans lequel les studios Disney ont excellé. Il faut dire que Walt Disney en personne maîtrisait le mélange de la prise de vues réelles à l’animation 2D. Dès les années 1920, il travaille, en effet, la technique dans une série à succès de cartoons muets, les Alice Comedies. Dans les années 40, son fidèle collaborateur, Ub Iwerks, peaufine pour lui le procédé et l’applique au format du long-métrage pour ses œuvres maisons (Le Dragon Récalcitrant, Victory Through Air Power, Mélodie du Sud et Danny, le Petit Mouton Noir). C’est cette dernière méthode qui est d’ailleurs finalement utilisée pour Mary Poppins, en 1964, même si, bien sûr, elle a entre-temps été considérablement améliorée. L’interaction entre humains et passages animés est ainsi désormais fluide et semble réelle au possible. La même technique est reprise dans L’Apprentie Sorcière en 1971, dans Peter et Elliott le Dragon en 1977 et atteint son paroxysme en 1988 dans Qui Veut la Peau de Roger Rabbit, considéré comme le meilleur film du genre. Après 20 ans de disette, Il Était une Fois remet, en 2007, la technique à l’affiche. Il faut ensuite attendre de nouveau onze ans pour la revoir dans Le Retour de Mary Poppins en 2018 tandis qu’il peut être aussi cité le film Disney+, Tic et Tac, les Rangers du Risque – Le Film, même s’il s’agit ici principalement de CGI aplati et non d’une animation traditionnelle au sens strict de sa définition.

Il Était une Fois 2 offre donc à nouveau de l’animation traditionnelle. Malheureusement, les Walt Disney Animation Studios s’étant spécialisés sur l’animation CGI, ils n’ont plus la capacité en interne de produire de l’animation traditionnelle avec une telle ambition. De même, le studio qui avait fait l’animation pour le premier film, James Baxter Animation, a également fermé. Le projet est donc ici confié à Tonic DNA, un studio basé au Québec, qui a déjà travaillé avec 20th Century Studios, un label de The Walt Disney Company, sur Bob’s Burgers – Le Film. Les séquences animées du second opus sont à peu près de la même durée, une dizaine de minutes environ, sauf qu’elles sont réparties différemment, principalement à travers deux grosses scènes et quelques autres passages plus brefs. Il y a d’abord une introduction de trois minutes où Pip raconte à ses enfants l’histoire de Giselle. Puis au deux tiers du long-métrage, une deuxième séquence de sept minutes voit Morgan envoyée à Andalasia pour trouver de l’aide. Pour apprécier la qualité de ces scènes, il faut bien se rendre compte que désormais quasiment plus aucun studio américain n’est capable de produire une animation de qualité du niveau d’un film tel que La Princesse et la Grenouille, qui était déjà le crépuscule de l’animation 2D chez Disney. Les quelques animations traditionnelles qu’il y a eu par la suite chez les Walt Disney Animation Studios, comme les cartoons Comment Rester à la Maison avec Dingo, bien que réalisés par des grands animateurs comme Eric Goldberg, sont loin d’avoir la même qualité en plus d’être extrêmement courts. Il Était une Fois 2 peut donc être comparé à son aîné, même si ce ne sont pas les mêmes éléments qui l’emportent d’un côté ou de l’autre. Il Était une Fois 2 possède un meilleur chara-design, de plus beaux décors et une gestion des ombres et de la lumière plus convaincante. Par contre, par rapport au premier opus, il pèche sur son animation proprement dite, étant ici plus saccadée. Il n’empêche ! Cela fait du bien de voir de l’animation 2D ; la scène de l’Arbre à Souvenirs est particulièrement magique et fait très Disney, dans le fond comme dans la forme.

L’une des clés du succès d’Il Était une Fois a bien sûr été ses chansons dont trois – Travailler en Chantant, Si Près et Comment Savoir – ont été nommées aux Oscars. Il Était une Fois 2 fait donc revenir le même duo formé du compositeur Alan Menken et du parolier Stephen Schwartz ayant par ailleurs à leur actif les magnifiques bandes originales des films Pocahontas, une Légende Indienne et Le Bossu de Notre-Dame. Le nombre de chansons est la grosse différence entre les deux films. Dans le premier long-métrage, il y avait quatre chansons plus celle du générique de fin, sachant que, sur les quatre, Si Près n’était pas chantée par les personnages mais par un crooner dans la salle de bal. De plus, le ton et l’objectif de ces chansons étaient de se moquer gentiment des ritournelles des films d’animation Disney. Ici, Il Était une Fois 2 assume pleinement son statut de comédie musicale façon Broadway. Au total, le spectateur peut entendre dix chansons dans le récit plus une chanson de générique. Sur l’ensemble, sept sont totalement originales tandis que trois autres sont des reprises. Toutes sont chantées par les personnages ; le casting principal en interprétant au moins une. Les chansons sont plutôt réussies même si elles sont plus exigeantes que celles du premier film, méritant plusieurs écoutes pour être vraiment appréciées. La première Andalasia permet à Pip de rappeler les évènements du premier opus et d’introduire le second. Toujours plus Enchanté voit Giselle ravie de changer de vie et d’être désormais une banlieusarde. La Magie d’Andalasia arrive au moment où Edward et Nancy offrent un cadeau provenant de leur royaume à leur filleule, Sofia, la fille de Giselle et Robert. Une Vraie Vie de Rêve est la chanson qu’entonne Giselle lorsqu’elle utilise la Baguette à Souhait. Plus longue et plus enjouée, reprise de la précédente, Une Vraie Vie de Conte de Fée montre comment le souhait de Giselle s’est réalisé. Le morceau est le plus entraînant du film avec une chorégraphie ambitieuse et d’ampleur qui s’amuse également à faire quelques petites allusions à La Belle et la Bête, reprenant d’ailleurs quelques notes et quelques paroles de C’est la Fête. Parfait est la chanson de Morgan qui exprime alors ses sentiments en tant que jeune fille de Monrolasia. Méchante est une séquence vraiment amusante où la maléfique Reine Malvina et la désormais méchante Belle-Mère Giselle s’affrontent dans un duel pour savoir qui est la plus maléfique. Le Pouvoir de l’Amour est sans conteste le plus beau passage du film et sûrement la chanson la plus magique des deux longs-métrages. Se déroulant à la fois dans le monde animé d’Andalasia et le monde réel de Monrolasia, le morceau est porté par la voix extraordinaire d’Idina Menzel en anglais comme celle de Véronique Desmadryl en français et procure des frissons aux spectateurs émerveillés. Le Pouvoir de l’Amour est reprise ensuite deux fois : lors du combat final ainsi que dans le générique de fin. Il Était une Fois 2 se termine alors par une reprise de Toujours plus Enchanté dans une conclusion aussi positive qu’ensoleillée. Chose étonnante, plusieurs chansons (Andalasia, Even More Enchanted, The Magic of Andalasia et Love Power) dans la bande originale anglaise sortie en CD et sur les plateformes de streaming sont des versions longues. Si le coût de l’animation a dû obliger les producteurs à raccourcir certaines scènes, expliquant sûrement les versions coupées d’Andalasia et de Love Power, rien n’explique qu’Even More Enchanted et The Magic of Andalasia ne soient pas dans le film dans leur version complète.

Il Était une Fois 2, comme son prédécesseur, s’amuse à placer de nombreux clins d’œil aux films Disney. Le plus évident d’entre eux est naturellement celui fait à Cendrillon avec Giselle qui se transforme en belle-mère maléfique tandis que Pip devient un chat méchant à l’image de Lucifer. Le village de Monrolasia ainsi que tous les costumes des habitants rappellent eux énormément ceux du film La Belle et la Bête. La Reine Malvina possède, quant à elle, un miroir parlant réplique du Miroir Magique dans Blanche Neige et le Sept Nains. La chanson Méchante propose également beaucoup d’objets faisant penser aux contes Disney comme la pomme empoisonnée de Blanche Neige et le Sept Nains, la rose enchantée de La Belle et la Bête, la quenouille de La Belle au Bois Dormant, une potion avec une étiquette marquée « Bois-moi » comme dans Alice au Pays des Merveilles. Ce ne sont là évidemment que quelques exemples ; le film possédant de nombreux autres hommages que les fans prendront plaisir à répertorier un à un.

Il Était une Fois 2 est une suite réussie qui fait honneur à son aîné. S’il lui manque peut-être la fraîcheur et l’auto-dérision d’Il Était une Fois, le long-métrage assume par contre parfaitement son rang de comédie musicale et de conte de fée Disney. Aussi magique que charmant, il propose des moments vraiment merveilleux portés par une Amy Adams décidément resplendissante.


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